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Les Priorités de campagne d’ECOLO pour les élections du 10 juin 2007

Une terre plus verte, un monde plus juste
14 avril 2007 | ECOLO présente ses priorités de campagne pour les élections du 10 juin 2007. Ces propositions sont ancrées dans la conviction que l’écologie et la lutte pour la justice sont intimement liées. Sauvegarder l’écosystème terrestre, c’est sauver la possibilité d’un monde juste pour tous ses habitants présents et à venir.
Depuis plus de 25 ans, l’action d’Ecolo s’appuie sur la conviction qu’il faut d’urgence établir un équilibre radicalement plus juste et plus durable entre nos aspirations sociales, économiques et environnementales.
Le triangle social, économique et environnemental du développement durable forme la base de notre analyse et de notre engagement. Il ne s’agit pas de privilégier un côté au détriment de l’autre mais de tenir compte de chacun d’entre eux, ensemble, en interaction l’un avec l’autre.
Nos propositions sont ancrées dans la conviction que l’écologie et la lutte pour la justice sont intimement liées. Sauvegarder l’écosystème terrestre, c’est sauver la possibilité d’un monde juste pour tous ses habitants présents et à venir.
Aujourd’hui, la prise de conscience de l’importance de l’écologie s’est enfin élargie. Nous sommes de plus en plus nombreux à avoir compris qu’il est urgentissime d’agir et d’entamer sans tarder la transition écologique vers une société qui respecte à la fois les hommes et leur environnement.
La réussir implique de rendre la primauté à la démocratie dans la définition des choix politiques et de ne pas soumettre ceux-ci aux exigences du marché.
Ecolo veut mettre en œuvre des politiques qui permettent simultanément d’alléger l’empreinte écologique de la Belgique, de lutter contre le dérèglement climatique, de promouvoir le développement d’activités nouvelles dans les secteurs verts, de lutter pour plus de justice sociale tant au niveau mondial - priorité absolue étant donné l’ampleur des inégalités - qu’au niveau belge, de favoriser le dialogue entre générations et entre cultures, et surtout d’accroître la qualité de vie de chacune et chacun d’entre nous.
Dans nos sociétés « développées », la richesse est de plus en plus mal répartie. Les riches sont de plus en plus riches (et puissants), les pauvres toujours plus pauvres, les « exclus » toujours aussi démunis. Des personnes de plus en plus nombreuses sont au bord de la précarité, qu’il s’agisse de travailleurs au statut précaire ou au salaire insuffisant, de pensionnés dont le revenu diminue chaque année, des familles monoparentales, de jeunes en recherche d’un premier emploi, etc.
Pour Ecolo, la promotion de la justice et de la sécurité sociale et l’écologie sont indissociables. L’écologie n’est pas réservée à un petit nombre de privilégiés. Elle doit être accessible à tout le monde, parce que les effets d’une vraie politique écologiste bénéficient à tout le monde, jeunes ou plus âgés, malades ou en bonne santé, belges et nouveaux belges, avec une attention prioritaire pour les plus précarisés qui sont bien souvent les premières victimes d’un manque de protection environnementale.
Après quatre années de gestion libérale-socialiste sans vision et sans effet sur les enjeux essentiels pour demain, la Belgique a besoin des Verts ! Ecolo est candidat au devoir : il s’agit de servir, et non pas de se servir, de mettre au service de notre pays nos convictions et notre expertise sur les questions environnementales et sociales, notre volonté et notre façon de faire de la politique autrement, qui approfondit la démocratie.
A la veille des élections législatives de juin 2007, les écologistes fixent 10 priorités pour la prochaine législature.
10 priorités qui émanent d’un programme fouillé, concret, construit à l’écoute des citoyens et de la société civile, composé de 500 propositions.
10 priorités qui s’adressent à tous les citoyens de ce pays.
I. Environnement
- Mettre en œuvre une Union nationale pour le climat
Sous la coordination du niveau fédéral, l’Union Nationale pour le Climat doit mobiliser citoyens, Régions, Communautés, Communes, syndicats, entreprises et associations environnementales en réalisant 32 mesures fortes portant sur 3 législatures, pour réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Cela commence par un État qui montre l’exemple dans ses choix (critères durables pour les marchés publics et choix énergétiques durables), dans l’ampleur de l’investissement qu’il consacre à la recherche et à l’innovation (1 milliard d’€ en R&D liés au développement durable), dans le soutien à la création d’emplois durables, non délocalisables et de qualité. Le volontarisme public doit transformer une contrainte en réelle opportunité pour notre économie.
- Mobiliser 4 milliards pour rendre le parc immobilier belge énergétiquement plus efficace au profit de tous
Responsable de plus d’un tiers des émissions de CO2, le secteur de l’habitat doit faire l’objet d’une profonde rénovation énergétique. Accessible à tous, le mécanisme de tiers investisseur intégral permettra à chacun, particulier, collectivités, entreprises de moins polluer et de diminuer la facture de ses charges. L’investissement de départ sera amorti en 7 ans, avec récupération par l’investisseur de sa mise via les économies d’énergie réalisées. Priorité d’accès à ce mécanisme doit être donnée à ceux dont le coût des charges pèse le plus lourd dans le budget, notamment aux bas et aux moyens revenus et aux bâtiments scolaires.
En plus de leur intérêt écologique, la diminution des dépenses énergétiques permet de réaliser des économies à long terme et de dégager ainsi des moyens financiers supplémentaires au profit de tous, à commencer par celles et ceux qui en ont le plus besoin.
De cette façon, la Belgique pourra quitter son statut de 24ème pays européen sur 27 en matière d’efficacité énergétique ! Et de l’emploi pourra être créé à l’image de ce que les Allemands ont réussi avec leur vaste plan d’isolation.
- Investir pour augmenter l’offre et le confort des transports en commun
Responsable de plus de 20% des émissions de CO2, le secteur du transport doit faire l’objet d’un ambitieux programme d’action privilégiant les transports moins polluants, et en particulier le transport en commun. Ils doivent être plus ponctuels, plus fréquents et plus confortables. Les gares et points d’arrêt ne peuvent plus être sacrifiés. Le réseau existant devra être étendu. Autour de Bruxelles et des grandes villes, un réseau RER combinant tous les types de transports collectifs doit être encouragé. Une carte « Hypermobil » (carte de paiement intégralement payée par l’employeur) pourra remplacer progressivement les voitures de société, offrant à l’employé un cocktail de mobilité gratuit (SNCB, Thalys, TEC, De Lijn, STIB, Cambio, taxi et vélo).
- Rendre les choix écologiques moins chers
Consommer des produits locaux et de qualité et soutenir de ce fait des pratiques agricoles respectueuses des sols et de la biodiversité, choisir des matériaux et des produits respectueux de l’environnement et de la santé, opter pour des appareils et des biens d’équipement économes en énergie et durables : ce sont des choix positifs pour l’avenir et qu’il faut encourager. Cela passe notamment par un abaissement de la TVA, par l’octroi de primes, par l’interdiction de produits néfastes pour l’environnement ou dangereux pour la santé, quand cela s’impose. C’est la bonne manière d’orienter les choix des producteurs et des consommateurs vers des choix plus respectueux de la planète et plus favorable à la qualité et à une économie locale.
II. Économie et solidarité
- Doper la création d’emplois durables
L’emploi durable, c’est celui qui se déploie dans des secteurs socialement utiles, qui préserve l’environnement, qui améliore la qualité de la vie et qui n’est pas délocalisable. Encourager l’emploi durable doit se faire :- en orientant les 120 milliards d’euros des fonds de pensions vers la création d’emplois durables. Cet argent spéculatif doit contribuer à développer l’économie, particulièrement en soutenant les PME, principales créatrices d’emplois, et en stimulant les nouvelles technologies vertes ;
- en diminuant les cotisations sociales sur les bas salaires et en conditionnant toute réduction de cotisation à la création d’emploi ;
- en soutenant l’emploi non-marchand et l’économie sociale.
- Augmenter les prestations sociales, en particulier les allocations familiales et les pensions en commençant par les plus basses
La Sécurité sociale doit agir comme tremplin social plutôt que seulement comme filet : des pensions non adaptées au coût de la vie, des minimas sociaux trop bas et des salaires trop peu élevés placent de plus en plus de personnes en situation de précarité, au bord de l’exclusion sociale.
Il faut relever les minimas sociaux jusqu’au montant du seuil de pauvreté et les salaires les plus bas, qui ne l’ont plus été depuis plus de 10 ans, augmenter les allocations familiales particulièrement pour les enfants d’indépendant. Au-delà de l’augmentation du montant des pensions, une assurance autonomie fédérale sera mise en œuvre pour prendre en compte l’augmentation de la durée de la vie. Outre l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées, elle renforcera l’emploi dans le secteur non-marchand.
Il faut privilégier le maintien à domicile des personnes âgées et la création de logements adaptés et de structures d’accueil de proximité.
- Soutenir les personnes et les familles en cas d’accidents de la vie
Étant donné l’évolution des modes de vie, il est de plus en plus fréquent pour un nombre croissant d’hommes et de femmes de se retrouver victimes d’accidents de parcours qui les précipitent au bord de la précarité. Séparation, divorce, perte d’un emploi ou accidents de santé sont autant de causes de décrochages humainement dramatiques. À côté d’une batterie de mesures destinées à renforcer la solidarité et la cohésion sociale (augmentation du pouvoir d’achat, encouragement à la médiation familiale, bientraitance des personnes âgées, fonds de créances alimentaires, lutte contre le décrochage scolaire et social, etc.), il faut élargir la couverture de la Sécu aux nouvelles réalités sociales et à de nouveaux besoins, notamment en individualisant les droits sociaux et en mettant sur pied l’assurance-autonomie.
III. Démocratie et vivre ensemble
- Adopter et appliquer un Plan Marshall de la transparence et des pratiques politiques
Un Etat mieux géré, ça passe par moins de cumuls, des mandataires politiques plus responsables, la fin des conflits d’intérêts ; une évaluation des politiques publiques, la collaboration accrue entre Etat fédéral, Régions et Communautés pour plus d’efficacité (en élisant un partie de nos députés sur une circonscription unique), des contrats de gestion dans toutes les institutions publiques, l’investissement dans les secteurs d’avenir (école, culture, recherche,…), une citoyenneté plus active, une démocratie plus participative (nouveaux processus participatifs, consultations populaires, référendum) ; chaque € public doit être bien utilisé, au service de l’intérêt général.
- Définir enfin une politique migratoire fondée sur des critères clairs, objectifs et transparents et promouvoir une meilleure gouvernance démocratique mondiale
La misère absolue de 2 milliards d’êtres humains est la plus grande injustice d’un monde globalisé.
Dans un monde globalisé où les règles de gouvernance démocratique mondiale sont dictées par les pays riches, il faut sortir de l’arbitraire et inscrire la migration dans une vision de développement à long terme et d’intérêt réciproque. La Belgique fixera et appliquera des critères clairs et objectifs, connus de tous, en matière d’asile, d’accès au territoire, de séjour et d’éloignement, de protection subsidiaire, de mise en place d’une commission indépendante de régularisation. Les centres fermés seront supprimés.
La Belgique, seule et avec ses partenaires européens, s’engagera résolument à revoir et réformer les règles des institutions financières internationales et de régulation du commerce mondial en vue de réduire les inégalités qui pèsent sur le développement des pays du sud. Elle intensifiera sa coopération au développement qu’elle orientera en fonction des principes du développement durable.
- Bien vivre ensemble, dans le respect et la sécurité
Au travail, en famille, chez soi, dans les transports en commun, à l’école ou en rue, être respecté dans sa personne et dans ses choix est un droit élémentaire. Prévention et médiation, soutien aux acteurs sociaux, dialogues entre les cultures, justice plus accessible et surtout plus rapide, administration ouverte et efficace, police de proximité et dialogue de terrain, lutte contre toutes les formes de discriminations, lutte contre la violence faite aux femmes, lutte contre la grande criminalité (en ce compris lorsqu’elle est financière), courtoisie et sécurité routière sont autant de domaines dans lesquels il faut investir davantage.
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Thèmes :
Développement durable , Economie , Emploi, formation, travail , Energie / Climat , Gouvernance, démocratie , Politiques sociales, sécurité sociale
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