Redéploiement économique

Photo (c) Ecolo
Un plan pour tourner la page de l’économie de l’épuisement
21 juin 2012
Introduction
Face à la crise financière, économique et sociale que traverse notre pays comme l’ensemble de l’Union européenne, Ecolo refuse de se résigner aux choix d’austérité qui s’en prennent frontalement au modèle social européen, qui détricotent les mécanismes de solidarité sociale et intergénérationnelle et n’offrent aucune perspective en termes de redéploiement économique porteur et de soutien aux entreprises.
Le gouvernement fédéral a décidé de suivre cette logique d’austérité « aveugle », au sens où les choix politiques posés jusqu’ici ne présentent aucune vision de la manière dont les partis traditionnels au pouvoir entendent que notre économie et nos habitants sortent par le haut de la crise inédite dans laquelle nous sommes plongés.
Face à l’émergence d’autres visions économiques sur la scène européenne, le Gouvernement Di Rupo a annoncé un plan de relance pour le 21 juillet. Une promesse à terme, là où il n’a fallu que quelques jours au Gouvernement pour faire passer la réforme des pensions ou des allocations de chômage, qui laisse aujourd’hui encore plus d’un citoyen dans le doute quant à son avenir.
Cette économie de l’épuisement des personnes et des ressources, les écologistes n’en veulent plus !
Ce que nous voulons construire, c’est une économie durable, respectueuse des personnes et de l’environnement, compétitive parce que peu consommatrice en énergie et en matière première, ancrée dans son tissu local, à taille humaine, à la pointe de l’innovation.
Un plan de redéploiement …
Au plan de « relance » en préparation dans les coulisses du Gouvernement fédéral - comme si on pouvait se contenter de « relancer » la machine dans la même direction, de « relancer » le boomerang ou de réappliquer les vieilles recettes comme si de rien n’était, Ecolo préfère un véritable plan de redéploiement, qui réoriente l’économie de manière durable vers les secteurs porteurs d’avenir
L’impératif de rigueur budgétaire, le ralentissement économique et la précarisation accrue d’une part croissante de la population imposent aux responsables politiques de poser des choix clairs et visionnaires.
Les moyens manquent pour être saupoudrés dans des mesures qui ne permettraient pas de répondre en même temps aux exigences sociales, économiques, énergétiques et environnementales de la crise dans laquelle l’Europe tout entière est plongée.
Ce plan de redéploiement, nous entendons qu’il soit le moteur d’une mobilisation collective vers une sortie de crise, un cap porteur d’espoir et de prospérité retrouvée.
L’enjeu est donc de définir clairement sur quels secteurs, quelles activités nous voulons positionner la Belgique d’aujourd’hui et de demain avec comme critères la durabilité, l’innovation, le non-gaspillage des ressources, l’efficacité énergétique, l’expansion prévue des secteurs choisis d’une part et la création d’emploi, de lien social et d’équité liée à ces secteurs, d’autre part.
Le plan de redéploiement économique que nous défendons se structure en 3 objectifs majeurs :
Soutenir l’innovation et la durabilité de nos entreprises : efficacité énergétique des entreprises, formation, réduction des cotisations pour les 3 premiers emplois dans les PME pour une compétitivité renforcée et sensée ;
Redéployer la solidarité, en soutenant les CPAS et en individualisant les droits sociaux.
Investir dans des « travaux utiles » : confort et sécurité dans le rail, isolation des bâtiments publics et privés, construction et rénovation d’écoles et de crèches pour répondre au boom démographique ;
...en soutien des politiques de redéploiement à l’œuvre dans les Régions et Communautés
Les Régions et les Communautés, par les compétences qu’elles exercent, sont en réalité les premiers acteurs des politiques de redéploiement. La Wallonie et la Région de Bruxelles-Capitale l’ont d’ailleurs bien compris en mobilisant leurs forces vives dans des « Alliances emploi-environnement » qui dopent leurs effets, malgré l’impératif de rigueur budgétaire qui s’impose là comme ailleurs.
Toute politique de redéploiement qui sera décidée à l’échelon fédéral n’aura dès lors de sens que si, d’une manière ou d’une autre, elle vient en appui des politiques régionales et communautaires pour démultiplier les effets de politiques de redéploiement déjà en cours dans les entités fédérées. Il en va de l’efficacité de l’utilisation des moyens publics ; il en va aussi de la lisibilité et de la cohérence des mesures prises pour répondre avec vision aux urgences des citoyens, des travailleurs, des entrepreneurs, de celles et ceux qui recherchent un emploi ou veulent créer leur activité.
...via la mobilisation de moyens nouveaux et des moyens existants
Le gouvernement fédéral peut mobiliser des moyens financiers au bénéfice de ces politiques novatrices à condition qu’il ose exiger des producteurs nucléaires qu’ils ristournent leurs bénéfices issus de tarifs excessifs payés par les citoyens ; qu’il ose réduire et conditionner le bénéfice des intérêts notionnels à la création d’emplois et d’investissements productifs et qu’il privilégie les PME dans ses effets ; qu’il ose, en un mot, gouverner.
...accompagné d’une véritable régulation de la Finance
La situation difficile dans laquelle se trouvent aujourd’hui la Belgique et l’Europe est en grande partie la conséquence des dérives du secteur financier. La recherche et le gain de profits faciles ont fait perdre la tête aux banques et aux Etats, dans le cadre de formes de spéculation toujours plus sophistiquées, complexes, illisibles et dangereuses. Cela ne pouvait durer éternellement. La bulle devait éclater… en laissant les dégâts aux Etats et aux citoyens, contraints de venir au secours de « leurs » banques.
Les leçons de ce passé récent doivent être tirées. Les Etats doivent retrouver leur capacité de régulateur et imposer au secteur bancaire et financier des pratiques plus sages et plus éthiques qui mettent la finance virtuelle au service de l’économie réelle. Séparer les métiers bancaires, augmenter les fonds propres des banques, lutter contre les paradis fiscaux et la fraude à grande échelle, faire davantage contribuer les revenus des capitaux au bien commun et la solidarité, sont autant de conditions d’une nouvelle prospérité mieux partagée, au bénéfice de l’ensemble des citoyens, des travailleurs et des entreprises.
...intégré dans une stratégie européenne
L’ensemble de ces politiques de redéploiement menées de manière coordonnée à tous les niveaux de pouvoir belges doivent être appuyées par une véritable stratégie européenne de sortie de crise. En effet, l’Europe a besoin d’un Green Deal combinant potentiel économique et développement durable, en donnant aux pays en crise une perspective claire et suffisamment de temps pour réajuster leurs institutions et leur économie. Le pacte devrait être primairement financé à travers des ressources propres de l’UE, des revenus issus d’une taxation plus équitable et solidaire (via la mise en place d’une Taxe sur les Transactions Financières) et d’une réaffectation des dépenses. Un tel pacte doit se focaliser sur les économies d’énergie et l’efficacité énergétique, ce qui servira à tous les citoyens européens en augmentant l’emploi, l’égalité de revenus et la qualité de l’environnement.
Pour le moment, le libre-échange devient de plus en plus le libre-échange de la pollution et des bas salaires. Les Verts proposent que l’Union Européenne intègre, pour les biens importés, le respect de normes sociales et environnementales dans le cadre de ses accords commerciaux, de libre-échange et d’investissement (droits de douane sociaux et environnementaux) afin de lutter contre le dumping social et environnemental qui, tout en portant préjudice à notre économie, bafoue les droits des travailleurs et épuise les ressources de certains pays qui exportent vers l’Europe. Le respect de ces normes doit orienter l’économie mondiale sur le chemin du développement durable et, entre autres, permettre le développement du commerce local, en favorisant les circuits courts et l’emploi non délocalisable.
Enfin, nous voulons que le Gouvernement fédéral porte avec conviction et détermination une réduction de la charge de la dette publique à l’échelle de l’UE. En effet, les banques privées se financent auprès de la Banque centrale européenne au taux préférentiel de 1%, alors que les Etats doivent emprunter sur les marchés (c’est-à-dire aux banques…) à des taux bien supérieurs. Actuellement, le taux moyen payé par l’Etat belge est approximativement de 3,5% (toutes échéances confondues). Nous proposons de diminuer ce taux grâce à l’intervention de la Banque centrale. De nombreux économistes plaident aujourd’hui pour une intervention de la BCE en ce sens. Si, à titre d’exemple, ce taux était ramené de 3,5 % à 2%, la Belgique pourrait économiser jusqu’à 5,4 milliards d’euros en charges d’intérêts par an (le renouvellement de la dette s’effectue en moyenne en 5 ans, donc il faudrait 5 ans pour atteindre l’économie maximale). La marge financière ainsi libérée, laquelle dépend bien entendu d’une politique européenne, pourrait être utilisée afin de financer un plan de relance de plus grande ampleur (1,5% du PIB) ou à accélérer le désendettement de notre pays.
Table des matières du
Plan de redéploiement économique, social et environnemental
Propositions
> Document complet à télécharger ci-dessous
1. Soutenir l’innovation et la durabilité de nos entreprises
a. Adopter un Plan de compétitivité des entreprises : pour réduire les coûts de production et salariaux
b. Réduire les cotisations sur les trois premiers engagements dans les PME et TPE
c. Encourager les groupements d’employeurs afin de soutenir les indépendants et PME
d. Augmenter les bas salaires
e. Accroître les efforts de formation pour la compétitivité et l’emploi
2. Redéployer la solidarité
a. Renforcer la solidarité à travers le financement des CPAS
b. Individualiser les droits au niveau de l’octroi des allocations sociales
3. Investir dans des « travaux utiles »
a. Isoler et rénover les bâtiments publics : pour réduire les dépenses de l’Etat
b. Isoler les logements privés : pour réduire les dépenses des ménages
c. Adopter un Plan rail : pour améliorer la mobilité et renforcer l’attractivité du service
d. Réduire la TVA à 6% pour la construction d’écoles et de crèches : pour répondre au défi du boom démographique
4. Bilan financier
5. Financement du plan de redéploiement
6. Orienter l’épargne et les outils publics d’investissement vers les secteurs d’avenir
Annexes à télécharger
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Plan de redéploiement économique, social et environnemental Document complet Type : PDF | Taille : 131.8 ko |
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Publié le 21 juin 2012 par
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Thèmes :
Développement durable , Economie , Politiques sociales, sécurité sociale
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