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Programme électoral 2009

Sécurité – Police – Incendie aujourd’hui : Etat des lieux et analyse

avril 2009

Il existe de nombreuses formes d’insécurité :
l’insécurité environnementale qui pèse sur notre
avenir et celui de la planète ; l’insécurité
économique et sociale (chômage, licenciement,
pertes de revenus, précarité …) ; l’insécurité
sanitaire (risques alimentaires, pollution, stress au
travail …) ; l’insécurité des rapports internationaux
(les faits de terrorisme aux Etats-Unis, en Espagne
et en Angleterre ont durablement marqué les
esprits) ; l’insécurité liée à la délinquance ; … Elles
créent ensemble un climat global d’incertitude,
d’angoisse diffuse, qui pousse le citoyen et la
citoyenne à de plus en plus de méfiance, de repli
sur soi.

Cependant, lorsqu’on évoque les problèmes
d’insécurité, c’est spontanément celle liée à la
délinquance vis-à-vis des biens et des personnes
qui vient à l’esprit. Il est vrai qu’être agressé,
injurié, bousculé, cambriolé, ou vivre dans la peur
est intolérable ; que les agressions, les injures, les
cambriolages, les conduites automobiles
dangereuses, les atteintes sexistes … sont des
atteintes à l’intégrité personnelle qui ne peuvent
être ni acceptées ni banalisées.

L’insécurité, un phénomène à prendre au sérieux

Pour Ecolo, cette insécurité-là doit donc être
prise au sérieux. La qualité de la vie est un tout.
Les écologistes ne promettent pas une société à
« risque zéro », mais nous pensons qu’il faut mettre
tout en oeuvre pour à la fois prévenir et limiter ces
différents risques et aussi punir les atteintes aux
biens et aux personnes. Pas plus que les marées
noires ou le chômage, la criminalité et la
délinquance ne sont une fatalité. Elles sont aussi le
résultat de choix de société.

Pour Ecolo, l’insécurité et le sentiment
d’insécurité constituent une interpellation et une
responsabilité importantes. Insécurité et sentiment
d’insécurité expriment et représentent une atteinte
inacceptable à la qualité de la vie des citoyens et
des citoyennes, touchent d’abord les plus
vulnérables et témoignent d’une dégradation du
lien social. Garantir la sécurité des citoyens et des
citoyennes est une mission essentielle des
pouvoirs publics.

Les ruptures du contrat social (marginalisations
sociale et économique, quartiers ghettos,
détérioration du cadre de vie …) sont aujourd’hui
nombreuses et constituent des dénis de justice,
atteintes et préjudices dont sont victimes les
citoyens et les citoyennes.

En ce qui concerne les atteintes à la sécurité
des personnes et des biens, elles prennent des
formes différentes, qui demandent des réponses
adaptées, qu’il s’agisse des incivilités, de la petite
délinquance, des violences intrafamiliales, dont
sont spécialement victimes les femmes, de
l’insécurité routière ou encore de la criminalité
organisée (qui représente un véritable danger pour
l’Etat de droit), du terrorisme (qui nourrit
excessivement les craintes et la méfiance de
l’autre) ou de la criminalité financière, en col blanc
(dont le coût pour la collectivité est énorme et qui
est un peu l’oubliée de l’Etat).

Eviter les amalgames, les confusions et les réponses contre-productives

Il faut lutter contre toutes les formes
d’insécurité, mais sans se leurrer : la surveillance et
la répression policière, la sanction pénale et les
peines d’emprisonnement, si elles sont
évidemment nécessaires pour garantir la
protection des citoyens et des citoyennes, ne
peuvent être les seules réponses à apporter à tous
les problèmes d’insécurité.

Plus inquiétant encore, le plan fédéral de
sécurité adopté par le Gouvernement fédéral
privilégie l’outil policier comme réponse répressive.

Son seul discours préventif consiste à considérer
des acteurs sociaux et éducatifs, voire des
services publics, et même chaque citoyen, comme
un maillon qu’on pourrait apparenter à un réseau
de renseignement et de dénonciation.
Face à la délinquance juvénile ou à celle de
personnes d’origine étrangère, la lourdeur
policière et une forme de discrimination peuvent
contribuer à renforcer le sentiment de rejet et de
marginalisation. On augmente ainsi la tension
sociale et la méfiance réciproque. En matière de
drogue, il est clair que la politique d’interdiction
répressive n’a pas fonctionné. La vente
« clandestine » est de plus en plus transparente,
ainsi que la consommation, minant les quartiers
et agressant les citoyens et les citoyennes par
leur seule visibilité. L’illégalité, outre qu’elle
complique l’aide aux toxicomanes, et qu’elle leur
fait courir des risques sanitaires lourds,
provoque une hausse spectaculaire du prix de
vente des produits et pousse à plus de
délinquance pour se les procurer. La Justice et
les prisons, quant à elles, sont saturées !

On entre alors dans un cercle vicieux : rupture
de contrat social, augmentation des problèmes et
du sentiment d’insécurité, saturation du système
juridico-policier, insatisfaction des victimes,
impunité des personnes délinquantes,
augmentation de la répression, et retour à la
hausse de la rupture du contrat social …

S’il faut (ré)agir face à ces différents
phénomènes d’insécurité, il faut le faire de façon
mesurée et juste, avec une certaine finesse, sous
peine de ne rien résoudre, d’uniquement se donner
bonne conscience.

Dans tous ces domaines, la préservation des
droits fondamentaux des personnes doit rester une
priorité.

Eviter le piège d’un état de moins en moins social et de plus en plus pénal

Ces dernières années l’actualité fut teintée de
noir : le meurtre de Joe Van Holsbeeck,
l’assassinat des petites Stacy et Nathalie ont
réveillé dans le coeur des citoyens et des
citoyennes les craintes qu’avait fait naître l’affaire
Dutroux. Les évasions « d’ennemis publics » et les
troubles dans les prisons ont secoué l’opinion.

Tous ces éléments d’actualité ont connu un
retentissement médiatique très important et ont
surtout amené les gouvernements à réagir dans
l’affolement, cherchant à faire porter les
responsabilités à des ministres précédents, à des
ministres d’autres niveaux de pouvoir, ou pire, à
des professionnels et professionnelles de la
Justice et du Social qui tentent de faire leur boulot
le mieux possible avec les moyens qu’on leur
donne.

La succession de campagnes électorales n’a
pas permis d’éviter les dérapages démagogiques.
On ne peut ainsi surfer sur « l’émocratie », travailler
à la hâte et sans consultation du terrain, sans
risquer de manquer ses objectifs et de faire grandir
l’insatisfaction et les craintes des citoyens et
citoyennes. Leur sécurité et leur sentiment
d’insécurité sont de vrais problèmes, qui
demandent des réponses franches des pouvoirs
publics, en tenant compte des évaluations et
constats des organes policier, judiciaire et social.
Il faut donc veiller à ne pas glisser
progressivement d’un état social à un état pénal,
tout en augmentant les problèmes d’insécurité. La
manipulation du sentiment d’insécurité par certains
politiques, surfant sur l’émotion et l’angoisse
légitime de la population et évitant ainsi de
reconnaître leurs difficultés à aborder d’autres
facteurs d’insécurité, est dangereuse pour la
démocratie. Pour Ecolo, on ne peut séparer la
sécurité des autres politiques : les liens sont
évidents entre, à certains endroits, augmentation
de la criminalité d’une part, et, d’autre part,
augmentation de la pauvreté des conditions
d’existence, du délabrement des quartiers …

Marcher sur deux pieds : un répressif et un préventif

Nos propositions s’appuient donc sur deux
socles, indissociables : un volet répressif et un
volet préventif, car il faut pouvoir marcher sur ces
deux pieds. Elles abordent également la fonction
policière, puisque c’est à elle que revient de faire
régner la sécurité. Les personnes garantes de la
paix du XXIe siècle ne peuvent plus remplir leur
mission comme au siècle dernier, la société et les
citoyens et citoyennes ayant changé.

Enfin, les pouvoirs publics organisent aussi la
réponse à des problèmes de sécurité
malheureusement bien concrets, via les services
d’incendie. Ces services attendent depuis cinq ans
une réforme qui a bien du mal à se traduire sur le
terrain et les moyens pour assurer la sécurité des
citoyens mais aussi celles des pompiers en
opération. Manque de personnel, statut non
harmonisé pour celui-ci, matériel désuet, non prise
en compte des nouveaux risques industriels, coût
pour les collectivités locales … sont autant de
questions auxquelles il faut donner réponse pour
que les engagements pris à Ghislenghien soient
enfin concrétisés.

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