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Programme Mobilité et transport
Priorité n°6 : écologiser le transport de marchandises et la logistique
mars 2009 | En Belgique, plus de 80 % des
marchandises sont transportées par camions.
A l’instar de ce qu’Ecolo veut promouvoir pour
le transport de personnes, il s’agit de favoriser
l’intermodalité dans le transport de
marchandises de manière à offrir une
alternative valable au transport par route
partout où cela est envisageable. Il importe
également de maîtriser la demande. Des
investissements dans les ports et les
infrastructures intermodales, ainsi que des
mesures à destination des entreprises
(subsides, avantages fiscaux, …) sont
nécessaires. Au niveau plus local,
l’investissement dans des solutions originales
de distribution est à encourager,
particulièrement en milieu urbain.
Proposition : Promouvoir la voie d’eau
Depuis sa libéralisation en 1998 et la
restructuration de sa flotte au travers de
divers programmes européens, le
transport fluvial est devenu un métier
moderne offrant un mode de transport
fiable, économique et peu polluant. Il doit
être promu comme mode de transport en
tant que tel et non comme simple
« alternative à la route ».
Faute de promotion et de moyens investis
en formation, le métier de batelier est en
danger par manque de relève. Il est dès
lors indispensable pour Ecolo que
l’amélioration des conditions de travail, la
formation, la redéfinition des profils
professionnels, la recherche d’une
nouvelle main d’oeuvre et les aides à
l’achat et au renouvellement des
équipements soient au centre du débat
sur la navigation intérieure de demain. Une
modernisation conséquente de la
formation (école de batelerie) doit être
entreprise. La création d’une école
européenne permettrait de rendre des
lettres de noblesse au métier de batelier.
Au niveau de la Région wallonne, des
moyens budgétaires et humains
conséquents doivent enfin être affectés à
l’entretien et à la réparation des voies
d’eau et ouvrages d’art tels que la remise
en fonctionnement optimal des deux bacs
ascenseurs de Strépy ainsi que des deux
bacs de Ronquières.
Le dragage des voies d’eau doit être une
priorité. Il est indispensable, partout où la
navigation des bateaux à pleine capacité
n’est plus possible et où l’absence de tout
dragage depuis 30 ans est la cause
d’inondation. Les techniques plus
respectueuses de l’environnement
(pompes à vis, filtres à presse, suivi de
traitement spécialisé ou de mise en
CET …) seront préférées au dépôt en
bassin de décantation tout en poursuivant
la recherche vers des solutions encore
plus adéquates.
Les travaux nécessaires à la mise à plus
grand gabarit de plusieurs axes belges est
une autre priorité, principalement la Lys à
4 500 tonnes et l’Escaut à 3 000 tonnes.
La politique de localisation des zones
d’activité économique doit en outre
réserver prioritairement des zones « bord à
voie d’eau » pour les industriels ayant
vocation à utiliser ce mode de transport.
Le système d’octroi des licences
d’affrètement doit être confié à un
organisme indépendant. Par ailleurs, les
aides aux navigants doivent être
suffisantes pour permettre à de plus petits
transporteurs de se lancer et/ou pour
faciliter la création de coopératives ou
groupements professionnels
indépendants.
Des incitations fiscales doivent également
être accordées aux bateliers afin qu’ils
équipent leurs moteurs de filtres à
particules dans un premier temps. Par
ailleurs, il est important que le
renouvellement de la flotte se fasse en
s’assurant que les rendements
énergétiques des nouveaux bateaux soient
très élevés (résistance à l’avancement,
rendement de l’hélice et rendement du
moteur). Cette politique incitative ne doit
cependant pas provoquer une
uniformisation excessive des flottes. En
effet, après l’application d’un régime de
« prime au déchirage » visant à mettre sur
l’eau des péniches plus grandes, on
observe aujourd’hui une pénurie relative
de petits bateaux seuls capables de
naviguer sur des canaux à petits gabarits
(certains canaux du Hainaut, notamment).
Cette situation rend impossible certains
transports pour lesquels des clients
existent pourtant. Enfin, le transport par
containers doit se développer, permettant
une plus grande standardisation et
assurant donc une multimodalité plus
efficiente.
En Région de Bruxelles-Capitale, il y a
également lieu de renforcer la part modale
de la voie d’eau pour l’acheminement de
marchandises vers Brussels International
Logistic (le BIL) et le Centre de Distribution
Urbain (CDU), tous deux situés le long du
canal.
Le transport de déchets par barge doit
également être envisagé partout où cela
est possible.
Proposition : Intensifier les aides au transport combiné et aux entreprises multimodales
Le transport combiné consiste à recourir à
la route pour les fractions les plus courtes
des trajets (la livraison finale chez un
détaillant ou un client) et à un mode plus
durable (rail, voie d’eau ou mer) pour la
partie la plus longue. Ce type de transport
demande des structures multimodales de
transbordement efficaces (par exemple
standardisation des conteneurs pour
faciliter les transferts) et très bien
coordonnées pour maximiser les gains de
temps. Il dépend également de l’efficacité
des modes comme le rail par exemple.
Pour Ecolo, il faut renforcer le soutien aux
infrastructures adéquates (développement
des hubs et terminaux portuaires et
terrestres, notamment) sur les lignes
existantes. Il faut soutenir la création de
nouvelles lignes et conditionner toute aide
à des exigences d’efficacité de l’ensemble
de la filière multimodale (durée des
transferts …).
Ces mesures doivent conduire à la
transformation progressive des entreprises
de transport routier en entreprises de
transport multimodales.
Proposition : Développer le transport par rail
Le principal effort à fournir en matière de
transport de marchandises porte sur la
régularité des approvisionnements par
voie ferrée. Pour cela, le réseau ferroviaire
doit être mis au niveau requis pour le
transport de marchandises : gabarit,
charge et interopérabilité, accroissements
de capacité, suppression des goulots
d’étranglement, … Par ailleurs, il convient
d’édicter de nouvelles règles de priorités
(par exemple, entre trains de
marchandises et de voyageurs ou entre
trains de marchandises selon qu’ils soient
chargés ou à vide selon la ligne et la
période).
Enfin, Ecolo entend que soit défini un
réseau « semi-dédicacé » aux
marchandises, où ces trains sont
prioritaires sur les trains de voyageurs.
Proposition : Promouvoir la formation initiale et continuée des chauffeurs routiers
Le métier de transporteur routier est un
métier difficile tant par les horaires
auxquels le personnel est soumis que par
le stress lié à un service de transport « just
in time ».
Ecolo veut promouvoir une meilleure
protection sociale des chauffeurs et/ou
chauffeuses et développer la formation et
l’information en matière de temps de
conduite et de repos, d’évolutions du
secteur, d’éco-conduite, …
Proposition : Développer un système de livraisons plus écologique en milieu urbain
Ecolo veut encourager, surtout en milieu
urbain, la mise sur pied de systèmes de
livraison de petites marchandises utilisant
des modes de transport moins polluants.
Ainsi, à titre d’exemple, Ecolo souhaite
développer des formules mixtes
passagers-petites marchandises dans les
transports en commun locaux et/ou des
engins type cargocycle (un vélo ou tricycle
électrique adapté pour transporter au
maximum 150 kg de petites
marchandises).
Proposition : Relocaliser les productions près des consommateurs
Pour réduire les émissions de CO2 induits
par le transport de marchandises, Ecolo
entend favoriser la relocalisation
d’activités de production, notamment
dans le secteur agricole et alimentaire.
Parallèlement, Ecolo est favorable à un
étiquetage écologique des produits basé
sur le contenu CO2 de ceux-ci, tenant
compte notamment du mode de transport
utilisé [1].
[1] Voir à ce sujet nos propositions du Livre I, Chapitre 5
« Alimentation et Agriculture ».
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