Attention ! Vous êtes
dans un ancien programme.
Cliquez ici pour le programme 2010

Accueil >  Actualité  >  Programmes électoraux  >  Programme électoral : élections régionales et européennes de 2009  >  Pour une société durable  >  Programme Mobilité et transport

Programme Mobilité et transport

Priorité n°1 : améliorer l’accessibilité des biens et services pour une mobilité durable

mars 2009

La réalité impose prioritairement de revoir
notre conception des déplacements : plutôt
que de parler de « mobilité », il convient de
développer l’« accessibilité », c’est-à-dire la
possibilité pour les personnes d’accéder à des
services et à des activités.

Cette accessibilité aisée ne peut être
garantie sans une organisation compacte du
territoire, qui permette de réduire les besoins
nets de mobilité sans diminuer l’offre globale
de biens et services matériels et immatériels
auxquels chacun doit pouvoir accéder.

Malheureusement, l’étalement urbain
continue à tenir lieu de politique
d’aménagement du territoire, singulièrement
en Région wallonne. Dans le domaine du
transport, cet étalement impose quasi par
principe le recours et une dépendance à la
voiture individuelle.

En effet, l’offre de transports collectifs
n’est soutenable à des coûts socialement
acceptables qu’à partir d’une certaine
« densité de la demande » : cette densité ne
peut être atteinte que dans un modèle de
densification de l’urbanisation et de meilleure
localisation des activités. Sans inversion
rapide de la tendance, ce problème d’équité
sociale dans l’accès au transport ne fera que
s’accroître, confrontant à une perte
d’autonomie tous ceux qui ne peuvent pas
(enfants, personnes âgées, personnes ne
pouvant se payer une voiture, …) ou ne
souhaitent pas avoir recours à la voiture.

Ceci pose donc avec une acuité nouvelle
la question d’une politique foncière qui assure
une réelle mixité sociale et qui vise à réduire
les inégalités. Demain, les zones les plus
accessibles par des modes alternatifs à la
voiture seront de plus en plus convoitées.
Faute d’une action efficace de la puissance
publique, les plus pauvres risquent de se
retrouver évincés des zones accessibles et
relégués dans des zones où il leur sera
nécessaire de posséder une voire deux
voitures pour pouvoir se déplacer, alors que le
coût de la mobilité automobile n’aura fait
qu’augmenter.

Enfin, si la voiture domine l’espace routier,
elle domine aussi l’univers mental des
représentations en matière de mobilité de
beaucoup d’entre nous. Ecolo veut
encourager toutes les initiatives susceptibles
de modifier le rapport culturel à la voiture ou à
notre relation à la mobilité et aux
déplacements (image sociale de la voiture,
valorisation sociale des déplacements
lointains, …).

Proposition : Améliorer l’accessibilité grâce à une politique d’aménagement du territoire durable

Pour Ecolo, une politique d’aménagement
du territoire efficace pour maîtriser la
demande de mobilité nécessite [1] :
- de renforcer les pôles urbains, lutter
contre la dispersion de l’habitat et des
fonctions et recentrer les activités
autour des noyaux d’habitat urbains et
ruraux ;
- d’améliorer et de favoriser une mixité
des fonctions partout où elle peut se
concevoir : commerces, logements,
services, activités artisanales, espaces
verts, … ;
- de prendre en compte les profils de
mobilité des entreprises et les profils
d’accessibilité des zones
d’implantation pour les nouveaux
projets afin de convenir d’une
meilleure localisation, ce qui permettra
une desserte efficace en transport
public ;
- de développer un aménagement du
territoire en réseau : il s’agit de
structurer l’espace par le réseau de
transports en commun en affectant les
sols les plus proches des gares – qui
constituent des noeuds du réseau –
aux fonctions qui doivent être le plus
facilement accessibles à un nombre
élevé de personnes ;
- de garantir l’accessibilité en transport
en commun aux services publics
(notamment les écoles, les services
sociaux, les services de soins et la
poste) : cette « obligation » ne peut se
concevoir sans une autre parallèle
d’implantation de tels services dans
des lieux à l’accessibilité optimale ;
- de soutenir la création de quartiers
durables ; ils ne sont pas seulement
connus pour leur utilisation rationnelle
de l’énergie dans les maisons mais ils
permettent souvent une diminution
des besoins en mobilité en étant
implantés dans des lieux de grande
accessibilité où la mobilité alternative
est pensée en amont de leur
aménagement ;
- de veiller à la généralisation des
aménagements pour les personnes à
mobilité réduite (PMR).

Proposition : Populariser le concept de mobilité durable

Ecolo part du principe que plus nous
sommes nombreux à partager les objectifs
d’une mobilité durable, plus rapidement
celle-ci pourra se mettre en place. Ceci
nécessite :
- plus de formation ; alliances
éducatives scolaires et extrascolaires
en vue d’amplifier l’initiation à la
mobilité durable et en y intégrant un
volet sécurité routière [2] ;
- plus de débats ; au-delà des
mécanismes démocratiques
classiques, il y a lieu de recourir aux
nouvelles méthodes participatives
(panels de citoyens, sondages
délibératifs, ...) qui doivent être
accompagnées de campagnes
d’information substantielles ;
- plus de participation ; les autorités
publiques doivent soutenir toutes les
initiatives citoyennes de développement
d’une mobilité conviviale : initiatives de
covoiturage, de voitures ou de vélos
partagés, ... ; les journées sans voiture
et les semaines de la mobilité durable
doivent servir à promouvoir ce genre
d’initiatives conviviales autant que les
expérimentations concrètes, de nature à
convaincre le plus grand nombre quant
à la faisabilité des changements
proposés.

Proposition : Adopter un objectif de réduction de la circulation routière de 2 % par an durant les dix prochaines années

Afin de réduire la mortalité sur les routes et
les coûts environnementaux, Ecolo
propose un objectif de réduction de 20 %
de la circulation routière motorisée en
Belgique à raison d’une diminution annuelle
de 2 % durant la prochaine décennie.

Proposition : Faciliter la vie sans voiture au quotidien

Se passer d’une seconde voiture – et a
fortiori d’une troisième voiture – est un
objectif à la portée de nombreux ménages
qui feront par là-même une avantageuse
opération financière. Par ailleurs, de plus
en plus de ménages, surtout en ville, n’ont
pas ou plus de voiture. Il est dès lors
souhaitable de prendre des mesures qui
les incitent à ne pas en acquérir. La vie
sans voiture pourrait être facilitée par des
mesures ad hoc (par exemple collecte
d’encombrants ou de déchets verts à
domicile, multiplication des stations de
voitures partagées, avantages fiscaux …).

Ecolo propose également d’interdire de
stipuler l’obligation de possession d’un
véhicule personnel dans les offres
d’emploi, créant de fait une réflexion dans
le chef des employeurs par rapport à
l’accessibilité.

Ecolo propose également d’octroyer à
chaque jeune, à l’occasion de son dix-huitième
anniversaire, un libre-parcours
d’un an sur l’entièreté du réseau de
transports en commun belge et ce, afin de
permettre, d’une part, l’accès à la mobilité
pour tous et de tenter, d’autre part, de
détourner les schémas mentaux
traditionnels du « tout à la voiture ».
Enfin, Ecolo entend soutenir les initiatives
publiques ou associatives de soutien et de
conseil aux ménages sans voiture ou
souhaitant le devenir.

Proposition : Changer le regard sur le transport public

Trop de personnes considèrent encore le
transport public comme le dernier recours
possible en matière de mobilité. Si cette
vision est partiellement liée à la qualité du
service, elle relève aussi d’une culture qui
ne valorise pas encore socialement ce
mode de transport dont l’utilisation est
encore parfois perçue comme dégradante.

Un travail important doit être mené tant
auprès des citoyens que des sociétés de
transport public pour positiver leur image.
Les sociétés de transport public doivent
se transformer en « managers de la
mobilité », outils prioritaires aux
déplacements de tous et pas comme
« palliatif » de l’usage de l’automobile.

Proposition : Développer une réflexion structurée sur le télétravail

La question du télétravail apparaît comme
une des pistes permettant de répondre
aux soucis de mobilité. Elle n’en pose pas
moins de nombreuses questions.

Il est nécessaire, pour Ecolo, de procéder à
un recensement des fonctions susceptibles
de faire l’objet d’une application du
télétravail et du desk sharing et d’étudier de
manière plus opérationnelle toutes les
questions liées au travail partiel à domicile
(en termes d’intégration dans l’entreprise,
de lien social, de bien-être et de qualité au
travail, impact sur les émissions de CO2 …).
Ce thème doit également faire l’objet
d’échanges dans le champ de la
négociation collective entre employeurs et
employés. Le bilan de cette réflexion
pourrait être l’objet d’actions d’information
et de partages d’expériences afin
d’identifier et de lever, là où cela s’avère
pertinent, les résistances à ce mode de
travail.

[1Voir à ce sujet nos propositions du Livre 1, Chapitre 4
« Aménagement du territoire ».

[2Voir à ce sujet nos propositions du Livre 1II, Chapitre 3 « Ecole ».

  • 14 juin
    Tax Freedom Day
    Aujourd'hui pour nous, mais depuis le 1er janvier pour Mittal !

    Aujourd’hui pour nous, mais depuis le 1er janvier pour Mittal !

    Ecolo estime que, avec quelques mesures volontaristes pour lutter contre la fraude fiscale, le tax freedom day de Mittal pourrait être retardé de (...) lire

  • 12 juin
    Espionnage
    Ecolo demande toute la clarté sur le programme de surveillance “PRISM” et les répercussions pour la Belgique

    Quelles sont les répercussions en Belgique du programme PRISM ?

    Le programme de surveillance “PRISM” des services secrets américains permet d’intercepter les communications d’internautes hors des Etats-Unis via (...) lire

  • 6 juin
    Démission chez Belfius
    Une occasion de changer de cap, pour prouver qu'un autre modèle bancaire est possible !

    Une occasion de changer de cap, un autre modèle bancaire est possible !

    La démission du président de Belfius, Alfred Bouckaert, doit être l’occasion d’un changement de cap radical dans la destinée de cette banque à 100% (...) lire

  • 5 juin
    Journée de l’environnement
    Manger local, bio et de saison : bon pour la santé et pour l'environnement

    Manger local, bio et de saison : bon pour la santé et pour l’environnement

    L’affaire des lasagnes étiquetées « 100 % Pur Bœuf » contenant in fine de la viande de cheval a éclaboussé l’industrie agroalimentaire mais aussi l’image (...) lire