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16 Septembre 2009 : Barroso reconduit

7 janvier 2010

Dès la fin du mois d’août, le Parlement Européen se remet au travail (après une pause somme toute modeste en comparaison de nos parlements fédéral et régionaux...). Au menu de la session plénière de septembre, l’élection du président de la Commission. José-Manuel Barroso est le candidat présenté à l’unanimité par le Conseil des 27 chefs d’Etat et de gouvernement. Opportuniste est l’adjectif qui me vient immédiatement à l’esprit pour définir l’homme : trop heureux d’avoir été désigné (au détriment de Guy Verhofstadt) voici cinq ans, il a entamé son premier mandat en souhaitant que l’Europe légifère moins. Joignant le geste à la parole, il a mis au frigo quantité d’initiatives législatives ; alors que la Commission est aussi la gardienne de l’exécution des traités et de la législation européenne, il a enterré quantité de cas de poursuites vis à vis des Etats-Membres, en particulier en matière d’infractions environnementales. Rarement le Conseil n’a eu à sa disposition un président de la Commission aussi prévenant, effacé, on dirait presque servile. Sa réponse à la crise économique et monétaire a été insignifiante, ses tentatives timides de dépasser les égoïsmes nationaux n’ont pas été suivies d’effets. Sa ligne directrice apparaît souvent comme suivre la ligne majoritaire, plutôt que d’exercer le leadership que les citoyens européens sont en droit d’attendre de lui.

Et pourtant – en fait, à cause de cela - , ce sont tous les chefs d’Etat et de Gouvernement qui le proposent, unanimement. Tous, y compris José Socrates, premier ministre socialiste du Portugal, José-Luis Rodriguez Zapatero, son alter-ego socialiste espagnol et Gordon Brown, premier ministre socialiste (?) britannique. La famille socialiste, qui fait mine de s’opposer à Barroso, lui a apporté son concours au seul endroit, le Conseil , où elle aurait pu lui faire barrage, l’unanimité étant requise. Les libéraux quant à eux, malgré les déclarations viriles de Guy Verhofstadt, sont en fait assez en accord avec la politique du président sortant. Barroso, jouissant de l’appui inconditionnel de sa famille conservatrice d’origine (y compris d’Anne Delvaux, CdH), sera donc largement élu par 382 voix sur 718 présents. La famille libérale ne suivra majoritairement pas son chef de groupe et soutiendra Barroso ; quant aux socialistes, ils se divisent entre pour, contre et abstentionnistes.

L’élection de Barroso est pour moi le symptôme d’une Europe sans ambition réelle, dont le président de la Commission se comporte comme le notaire d’une politique se résumant au plus petit commun dénominateur des 27 gouvernements. Elle est aussi une victoire pour le camp conservateur, qui continue de bénéficier du concours actif d’une partie importante de la famille libérale – ce qui peut se comprendre du point de vue idéologique – et de la famille socialiste, dans une logique de partage des postes qui voudrait voir le socialiste allemand Martin Schulz accéder à la présidence du Parlement dans la second moitié de la législature.

Les Verts auraient-ils pu mieux jouer ? On nous reproche parfois de ne pas avoir proposé de candidat alternatif. Si nous avions bien des idées sur le sujet, la procédure prévoit que le candidat soit désigné par les 27 chefs d’Etat et de Gouvernement, dont aucun n’est (encore) un Vert. Présents au sein de seuls 2 gouvernements sur 27, les Verts n’étaient donc pas en mesure de présenter un candidat. Cela confirme une fois encore que même si notre influence au Parlement Européen a grandi, cela ne suffit pas : il nous faudra intégrer un nombre croissant de gouvernements nationaux pour accroître notre influence sur l’autre pôle législatif de l’UE : le Conseil.

Nous voilà donc repartis pour cinq ans avec un président de la Commission en mode mineur ; espérons que, ne devant plus se faire ré-élire, il se révèle enfin comme homme d’Etat européen. Le pire n’est pas toujours certain !

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